Un marché en forte progression en 2025 avant une normalisation en 2026

Le marché de l'immobilier de luxe a confirmé sa dynamique haussière en 2025. Selon les professionnels du secteur, la valeur globale du segment est passée de 24 à 39,3 milliards d'euros, soit une progression de plus de 60 %.

Près de 40 000 transactions ont été enregistrées, en hausse de 10 % sur un an, faisant de 2025 la cinquième meilleure année de la décennie. Cette dynamique repose sur une concentration croissante des ventes, portée par un nombre limité d’opérations à très forte valeur.

Le marché confirme ainsi son caractère segmenté : quelques biens d’exception continuent de tirer les volumes et les prix vers le haut malgré un contexte économique incertain.

« 2025 s’est révélée être une très bonne année, proche d’un niveau record sur vingt ans », selon plusieurs acteurs du secteur.

Richard Tzipine, directeur de Barnes, évoque une progression de 20 % de l’activité pour son réseau, avant un ralentissement observé à partir d’octobre, lié notamment au contexte politique.

Cette tendance s’est poursuivie début 2026, même si le premier semestre devrait rester plus résilient que prévu.

Rive Gauche et biens d’exception : moteurs du luxe en 2026

La Rive Gauche confirme son statut de secteur le plus prisé, notamment dans les 6e et 7e arrondissements de Paris. Son attractivité repose sur des immeubles anciens, des volumes intimistes et une forte valeur patrimoniale.

Ces quartiers séduisent une clientèle ultra-fortunée (UHNWI) française et internationale, à la recherche d’adresses emblématiques pour résidences principales ou secondaires.

48h–72h

Biens d’exception vendus très rapidement

14 000€

Prix moyen m² chez Barnes à Paris

6e-7e

Arrondissements les plus recherchés

Deux segments dominent le marché : les biens « zéro défaut », vendus parfois en 48 à 72 heures, et les petites surfaces situées dans des quartiers en transformation, prisées pour leur potentiel de valorisation.

Littoral et montagne : nouvelle géographie du luxe

Le marché du luxe immobilier connaît une recomposition territoriale marquée. La Côte d’Azur reste leader avec 15 % du marché, mais la côte Atlantique progresse fortement et atteint désormais un niveau équivalent.

La Bretagne double sa part en dix ans, passant de 2 % à 4 %, confirmant l’attrait croissant pour les marchés littoraux.

Le marché de la montagne affiche également une forte dynamique :

  • Val-d’Isère : 3,9 M€ prix médian

  • Méribel : 3,3 M€

  • Courchevel : 3,1 M€

Ces stations enregistrent des hausses supérieures à 11 % sur un an, portées par la rareté foncière et la demande internationale.

Des prix sous tension mais très hétérogènes

Le marché a connu une correction d’environ -10 % entre 2023 et 2024, selon les professionnels. Mais cette baisse reste très contrastée selon les biens.

Les actifs premium — dernier étage, vue, sans travaux — résistent fortement, tandis que les biens moins qualitatifs enregistrent des ajustements plus marqués.

Les écarts de prix restent importants :

  • Paris notaires : 10 000 – 11 000 €/m²

  • Barnes : ~14 000 €/m²

Sur dix ans, les prix progressent de +29 % à Paris, +49 % en Provence et Normandie, +48 % sur la côte Atlantique et +45 % dans les stations de ski.

Le marché du luxe fonctionne désormais à plusieurs vitesses, avec une forte prime à la rareté et à l’usage immédiat.

Conclusion : un marché résilient et sélectif

Malgré un contexte économique incertain, l’immobilier de luxe confirme sa résilience. La concentration des ventes sur les biens d’exception, la montée des marchés littoraux et la solidité des emplacements parisiens structurent une nouvelle dynamique.

Après une phase d’euphorie post-crise, le marché entre dans une normalisation, sans remise en cause de ses fondamentaux : rareté, localisation, qualité et usage restent les moteurs essentiels du segment.