Des professionnels au bord de la surchauffe

Le constat est sévère. Les syndics de copropriété travaillent en moyenne 44 heures par semaine, soit bien au-delà des 35 heures légales. Chez les directeurs et dirigeants, les semaines dépassant 50 heures deviennent même fréquentes.

Mais la principale source de fatigue provient désormais de la gestion des e-mails. Selon le baromètre, 88 % des répondants considèrent cette tâche comme une charge psychologique permanente. Conséquence directe : plus d'un professionnel sur deux déclare avoir déjà connu une situation de surmenage ou l'avoir frôlée. Les gestionnaires apparaissent comme les plus exposés, notamment les femmes et les professionnels exerçant en Île-de-France.

« Plus d'un professionnel sur deux estime avoir déjà connu une situation de surmenage ou s'en être approché. »

Des salaires qui peinent à suivre

Si les rémunérations progressent, elles restent en retrait par rapport à l'évolution du coût de la vie. Le salaire médian de la profession atteint aujourd'hui 41 000 € brut annuel, contre 38 000 € en 2020.

Le baromètre met surtout en évidence le plafond salarial auquel se heurtent les gestionnaires expérimentés. Après plusieurs années d'exercice, leur rémunération médiane plafonne autour de 43 000 € brut par an, limitant les perspectives d'évolution.

Les chiffres clés

  • 41 000 € : salaire médian annuel brut.

  • 43 000 € : rémunération médiane des gestionnaires expérimentés.

  • 71 % des gestionnaires sont des femmes.

  • 88 % des assistants sont des femmes.

  • 70 % des postes de direction restent occupés par des hommes.

La profession poursuit sa féminisation sur les fonctions opérationnelles. Les femmes représentent désormais 71 % des gestionnaires et 88 % des assistants. En revanche, elles restent largement minoritaires dans les fonctions dirigeantes, où les hommes occupent encore 70 % des postes.

Une demande forte de reconnaissance

Malgré ces difficultés, le métier conserve un réel pouvoir d'attraction. Plus d'un professionnel sur deux est issu d'un autre secteur d'activité, signe d'une profession qui continue de séduire grâce à la diversité de ses missions.

Le suivi des travaux s'impose désormais comme la mission préférée des gestionnaires, porté par l'accélération des programmes de rénovation énergétique et les nouvelles obligations réglementaires.

Face à une pression toujours plus forte, les professionnels expriment aujourd'hui un besoin croissant de reconnaissance. Leur principale revendication est sans appel : 87 % des répondants souhaitent la création d'un ordre professionnel, perçu comme un levier de valorisation du métier et de structuration de la profession.

« Entre responsabilités accrues et manque de reconnaissance, le métier de syndic cherche aujourd'hui un nouveau souffle. »