Le marché immobilier n'aura finalement pas confirmé les espoirs du début d'année. Après quelques semaines encourageantes, le premier semestre 2026 s'est progressivement refermé sur un constat plus familier : celui d'un marché qui avance au ralenti. Les acheteurs sont toujours là, les vendeurs aussi. Ce qui manque, c'est le déclic. L'étude publiée par Foncia ce 2 juillet, fondée sur plus de 7 000 compromis de vente et sur l'ensemble de son parc locatif géré entre janvier et juin, confirme cette impression de terrain. La reprise annoncée n'a pas eu lieu. Ni dans la transaction, ni sur le marché locatif

Une idée qui n'aura pas résisté au mois de mars.

Les compromis reculent de 8 % sur ce seul mois. Le mouvement se prolonge ensuite jusqu'à porter la baisse à 7 % sur l'ensemble du semestre. Plus révélateur encore, les annulations de compromis progressent de 11 %. Même lorsque le projet est engagé, la décision finale devient plus difficile. Pour Jordan Frarier, président de Foncia Transaction, Développement et Location, le problème est moins économique que psychologique : « Les visites sont là, les projets sont là, mais la décision ne se prend plus. »

Les chiffres lui donnent plutôt raison. L'indice de confiance des ménages publié par l'INSEE est retombé à 82 en mai, son plus faible niveau depuis mars 2023. Les incertitudes économiques s'ajoutent aux tensions géopolitiques, tandis que le retour d'une hausse des taux nourrit une nouvelle forme d'attentisme. Depuis deux ans, le marché immobilier réagit presque instantanément à ce climat d'incertitude.

Sur le terrain, cela se traduit par un phénomène assez simple. Les vendeurs continuent de mettre leurs biens sur le marché : le stock de mandats progresse de 5 %. En face, les acquéreurs prennent davantage de temps avant de s'engager. Les prix évoluent peu, les surfaces vendues restent comparables à celles de l'an dernier et le délai moyen de vente atteint désormais 93 jours.

Le marché ne décroche pas. Il attend.

Le stock disponible représente seulement 2,5 % du parc géré par Foncia à l'échelle nationale. Certes, il progresse légèrement par rapport au début de l'année. Mais cette amélioration reste imperceptible dans les grandes métropoles.

À Paris, Lyon ou Bordeaux, les logements disponibles représentent désormais moins de 1,5 % du parc géré, alors que les candidatures qualifiées déposées sur Foncia.com ont augmenté de plus de 30 % depuis janvier. Autrement dit, les candidats sont de plus en plus nombreux à se positionner sur un nombre de biens qui, lui, ne progresse quasiment plus.

À l'inverse, certaines villes moyennes offrent une photographie très différente. À Limoges, Grenoble ou Poitiers, les logements restent plus faciles à trouver. Les prix d'acquisition plus accessibles encouragent davantage de ménages à devenir propriétaires, ce qui desserre un peu la pression sur le marché locatif. Les bailleurs y rencontrent parfois une autre difficulté : trouver des candidats présentant les garanties recherchées.

Deux marchés coexistent désormais. Et ils obéissent à des logiques de plus en plus éloignées.

Le dispositif Jeanbrun, annoncé en début d'année, avait pourtant suscité de nombreuses demandes d'information. Mais cet intérêt n'a pas débouché sur une reprise des achats ni sur une hausse des mandats de gestion.

L'attentisme reste la règle. « La France a besoin d'un véritable choc de confiance en faveur du logement, avec un cadre fiscal et réglementaire stable, lisible et durable », estime Zahir Keenoo, président de Foncia ADB.

Au-delà de la formule, le message traduit une attente largement partagée par les professionnels du secteur : celle d'une trajectoire suffisamment lisible pour permettre aux investisseurs de revenir.

Au total, près de 9 500 logements supplémentaires entrent dans une démarche de rénovation globale, venant s'ajouter aux quelque 25 000 logements déjà engagés en 2025. À l'échelle du parc français, le mouvement reste encore modeste. Mais il est régulier. Dans un marché où beaucoup de signaux sont aujourd'hui orientés vers l'attente, c'est probablement l'un des rares indicateurs qui continue de progresser sans véritable rupture.